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Visa pour l'image : le photojournalisme exposé chaque fin d'été à Perpignan

Regarder & visiter · · Publié le 2026-10-27

La façade ocre d'un ancien couvent à Perpignan, avec des orangers en bacs devant l'entrée
Le couvent des Minimes, à Perpignan. Photo : Enfo, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

À la fin de l'été, quand les Rencontres d'Arles touchent à leur fin, un autre festival ouvre ses portes plus à l'ouest, près de la frontière espagnole. À Perpignan, Visa pour l'image expose depuis 1989 le photojournalisme : des reportages réalisés au plus près des guerres, des catastrophes, des migrations, des crises sociales et environnementales, mais aussi de la vie quotidienne dans des régions dont on parle peu. L'entrée est gratuite, et le festival est l'un des rares lieux où l'on peut voir ces images en grand format, sur papier, et prendre le temps de les lire.

Un festival consacré à l'information par l'image

Visa pour l'image se présente comme le « festival international du photojournalisme ». Il est né en 1989 à Perpignan, porté par une association et soutenu par la ville et des partenaires publics et privés. Sa ligne est claire : montrer le travail des photographes de presse, qu'ils soient salariés d'agences, indépendants, ou qu'ils travaillent pour des journaux et des magazines, et défendre un métier dont les conditions économiques se sont fortement durcies avec la crise de la presse.

Le festival ne se confond donc pas avec un festival d'art photographique. On y montre des reportages construits pour informer, avec leurs légendes, leurs dates et leurs lieux, souvent réalisés dans l'urgence. Le regard du photographe y compte, mais au service d'un récit documentaire.

Comment le festival est organisé

Le festival dure environ deux semaines, de la fin août à la mi-septembre. En 2026, il s'est tenu du 29 août au 13 septembre, avec une semaine professionnelle du 31 août au 5 septembre. On y trouve trois grands types de rendez-vous :

Les expositions
Réparties dans des monuments du centre-ville, dont le couvent des Minimes et l'église des Dominicains. Elles sont gratuites et ouvertes à tous.
Les soirées de projection
Pendant la semaine professionnelle, des projections en plein air retracent l'actualité de l'année et présentent des reportages, au Campo Santo.
Les rencontres professionnelles
Photographes, agences, rédactions et acheteurs se retrouvent ; des prix sont remis, et les photographes présentent leur travail au public.

Après la semaine professionnelle, les expositions restent ouvertes, et des programmes sont proposés aux scolaires. C'est souvent le meilleur moment pour les voir sans la foule des premiers jours.

Regarder des images d'actualité

Les reportages exposés à Perpignan montrent souvent la violence, la douleur et la mort. Les regarder demande du temps, et parfois de la distance. Quelques repères aident à le faire de façon active plutôt que subie :

Ces questions valent pour toute exposition de photographie documentaire. Notre article « Lire une exposition » propose une méthode plus générale, du cartel à l'accrochage.

Des images qui posent des questions de droit

Le photojournalisme est un terrain où se rencontrent plusieurs règles : le droit d'auteur du photographe, qui reste l'auteur de ses images même lorsqu'il travaille pour une rédaction, la cession des droits des photojournalistes salariés relevant d'un régime particulier ; le droit à l'image des personnes photographiées, qui connaît des limites lorsque la photographie illustre un événement d'actualité ; et les règles propres à la presse. Nous détaillons les bases du droit d'auteur appliqué à la photographie dans un article dédié.

Préparer sa visite

  1. Consulter le programme publié pendant l'été sur le site officiel du festival : liste des expositions, lieux, horaires, soirées de projection.
  2. Choisir sa semaine : la semaine professionnelle pour les projections et les rencontres, la seconde semaine pour les expositions au calme.
  3. Prévoir une demi-journée au moins : les lieux sont proches les uns des autres dans le centre historique, mais les reportages demandent du temps.
  4. Venir avec des adolescents ? C'est possible et souvent très fort, à condition d'en parler avant et après, et de vérifier les avertissements de contenu.

Un rendez-vous parmi d'autres

Avec les Rencontres d'Arles en été et Paris Photo en novembre, Visa pour l'image complète le calendrier photographique français. Les trois rendez-vous ne poursuivent pas les mêmes buts : la création à Arles, l'information à Perpignan, le marché à Paris. Les visiter tous les trois, sur une même année, donne une vision assez juste de la diversité du médium.

Questions fréquentes

Faut-il réserver ?
Les expositions sont en accès libre. Pour les soirées de projection et les rencontres professionnelles, les modalités sont précisées chaque année dans le programme officiel.
Les expositions sont-elles accessibles aux enfants ?
Certaines images sont très dures. Le festival accueille des scolaires avec un accompagnement ; pour une visite en famille, mieux vaut repérer les expositions à l'avance.
Peut-on acheter les photographies exposées ?
Ce n'est pas l'objet du festival, qui présente le travail des photographes et des agences de presse. Les tirages exposés sont produits pour l'exposition.

Pourquoi ce festival compte

Dans un paysage où les images d'actualité défilent sur les écrans à toute vitesse, Visa pour l'image propose l'inverse : des reportages complets, tirés sur papier, accrochés dans des salles où l'on peut prendre son temps. Pour les photographes, c'est une vitrine professionnelle rare ; pour le public, une occasion de regarder l'actualité du monde avec un recul que la presse quotidienne ne permet plus toujours.

Sources